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I kečč a Lwennas. Mara ṭṭlam yesseblaɛ tafat s uslifeẓ n ticurkeḍt d nḥeddeṛ s terẓeg i uleqqem imciṭen n tmagit tagimseggast, syin amyi yettuɣal d tilawt. Imcumen-agi tteḥqaren-aɣ yal taswiɛt. Nugi aneknu. Aleqqem yugi ad yaɣ segmi iɛuraf ṭerḍiqen s urured n tuddert yettwaxnaqen. Ur nesteɛfuy ara alama nedder d yiman-nneɣ d ḥebsen imerawen-nneɣ aneqleb deg iẓẓekwan-nsen. Tabawt tesfqaɛ-aɣ alama teglad s lmut. Tinififtin n ẓẓif-nneɣ ttwamerretent. Maɛtub Lwennas, tcennuḍ s ubeɛzeq ayen ḥulfan atmaten-ik s tsusmi. Immi nella d tiɣtas n yiwen unagraw anda awal tilleli yesɛa anamek : tilleli i wabɛaḍ ad melken wiyaḍ. Kečč d aselɣar i wul yettwarzen. D anza yeddren n lebɣi-nneɣ ad neqqim nbedd. Ccna yekkad seg ẓẓif-inek, taɣuct-ik i icuffen s zzɛaf d wurfan teseḥmay-aɣ iɣsan. ---------- Nettxayal Tawes Amruc d umeṭṭraḍ anumidi mi tzegger igenwan n tmurt-nneɣ. Syin akin ticraḍ n tyemmatin-nneɣ ttuɣalent d tidet tamagdezt. Ulac ayen nniḍen yessnen neɣ izemren aɣ-yenher. Lwennas, tesmektiḍ-aɣ-d s tumert belli ɣas uzlen idamen, aẓar yettwaxlaf. Ulac alugen n ugama yugaren wagi. Aḥaweṣ n tlelli-nneɣ sɣur imesḥaf-agi i-ɣ-iḥekmen yerra aɣref-nneɣ amzun ttaqeḍɛit n lmal yuḍnen anda wid iffazen ɛaṛqen, ussafen neɣ ttwarnan, wid menwala uɣen taggamaḍt n yitran yettcririqen. Rru a yul. Ccnu-yasen a Lwennas belli tugdut d aram amezwaru deg imawen-nneɣ, neṭṭḍitt seg yidmaren n tyemmatin-nneɣ. Ccnu-yasen fud-nneɣ n teɣdemt d weɣram. Ccnu, a Lwennas, ccnu ! Ɛni amedyaz yezmer ad yemet ?

mardi 6 décembre 2016

Belaïd AT-ALI (1909 – 1950) : Véritable fondateur de la littérature kabyle écrite

Belɛid At-Ɛli doit être considéré comme le véritable fondateur de la littérature kabyle écrite. Contrairement à ses prédécesseurs dans ce domaine, Ben Sedira et Boulifa, les précurseurs de la littérature kabyle écrite en caractères latins, il s’est affranchi des contraintes de l’oralité. En effet, il a bousculé cet ordre de choses pour donner une dimension nouvelle à la prose. Il a introduit le narrateur dans le texte et le portrait psychologique des principaux personnages. Son sens de l’observation – il était aussi peintre – lui a permis de saisir et de croquer les traits des visages et les attitudes de ses personnages.





Ecrivain de langue kabyle, Izarar Belaïd, plus connu sous le nom de Belaïd At-Ali est originaire de Azru Uqellal (près de Michelet – Aïn El Hammam). Il a connu l’errance et surtout les affres de la Seconde Guerre mondiale, puisqu’il est mobilisé dès son déclenchement, en 1939, et y brilla par son intelligence en obtenant notamment le grade de sergent-chef, et ce, jusqu’en 1943, avant de déserter et rejoindre son village natal. Son instruction scolaire dans la langue de Molière, il l’arrachera après des années passées dans son école d’Azru Uqellal, mais tétée surtout de sa maman, titulaire d’un brevet d’études et monitrice de la langue française, exploit rarissime pour tout “indigène” à cette époque. Il est mort à 41 ans, en 1950.



En dehors de quelques textes non publiés, qui figurent dans le manuscrit original déposé au Centre de Recherche Berbère de l’INALCO, l’œuvre de Belaïd tient entièrement dans les deux volumes édités dans le F.D.B. par Dallet & Degezelle et dont le sommaire est le suivant :

I. Timucuha - Contes
   – Tamacahut uwaɣzniw - L’ogre
   – Tamacahut uɛqqa yessawalen - Le caillou qui parle
   – Tamacahut n Bu-Yedmim - Aubépin
   – Tamacahut inisi d wuccen - Le Hérisson et le Chacal
   – Lɣani d lfaqir - Le riche et le pauvre
   – Tafunast igujilen - La vache des orphelins
   – Lwali n_wedrar - Le saint homme de la montagne
   – Aẓidan d umerẓagu - Le meilleur et le pire
   – Ayen tzerɛeḍ - Ce que l’on sème
   – D ayen d-ḥekkun - Des histoires que l’on raconte

II. Amexluḍ - Mélanges
   – Afenjal n lqahwa - Une tasse de café
   – Asmi heddrent lehwayec - Au temps où les bêtes parlaient
   – Lexḍubegga - Démarches matrimoniales
   – Jeddi - Grand-père
   – D amezwaru unebdu - Premier jour d’été
   – At-zik - Nos anciens
   – Sut taddart - Nos villageoises

III. Isefra - Choix de poèmes

Le Père Degezelle, installé dans la mission des Pères Blancs de Ouaghzen, située à quatre kilomètres au sud-est d’Azrou, venait souvent au village dispenser quelques soins élémentaires de médecine. C’est ainsi que Bélaïd fit la connaissance du Père. Celui-ci, dès les premiers échanges, se rendit compte qu’il avait à faire à un homme intelligent et exceptionnel. Au début de l’année 1945, il propose à Bélaïd d’écrire des contes kabyles en langue kabyle. Motivé par quelques pièces mais aussi par l’aide matérielle que le Père lui apportait, il se met, sans conviction d’abord, à écrire le conte d’Aubépin. Mais très vite, il découvre la profondeur de la culture berbère et emploie toute son ardeur à composer dans sa langue.

Son œuvre va au-delà de la transcription des quelques contes qu’on lui demandait au début. Il s’attacha à les remanier en leur donnant une dimension nouvelle. Il a su leur insuffler une âme en introduisant le conteur à l’intérieur même du récit. Ainsi, le fait de nommer et de situer les principaux personnages contribue à renforcer l’intérêt du lecteur.

Mais les contes ne sont qu’une partie de son œuvre (il en a écrit cinq). Bélaïd s’attaque très vite à décrire la société kabyle à travers deux grandes fresques : ’Les démarches matrimoniales’ (Lexḍubegga) où, s’appuyant sur l’histoire réelle qu’a vécue un de ses proches, il décrit avec précision et humour les relations entre les principaux protagonistes pour la conclusion d’un mariage. Dans ‘Le saint homme de la montagne’ (Lwali n wedrar), il touche aux croyances profondes et à la psychologie des Kabyles quant à leurs rapports avec le visible et l’invisible. Ces deux œuvres peuvent aussi être considérées comme des études ethnographiques.

Il était aussi à l’écoute des moindres manifestations des gens de son village, en particulier ses entretiens avec Lḥusin At-Ḥemmu qu’il a immortalisé sous le pseudonyme de Jeddi. Dans ‘Ce qu’on raconte’ (Ayen d-ḥekkun) et dans ‘Les anciens’ (At zik), il rapporte ces petites histoires succulentes qui circulaient au village. Bélaïd écoutait beaucoup et notait tout.

La femme kabyle tient un rôle central dans son œuvre. Un cahier entier lui est consacré pour décrire les faits et geste de sa vie quotidienne. Dans "La tasse de café" (Afenjal n lqahwa), il met en scène des vieilles papotant sur ce qui se disait dans les villages voisins.

Certaines des nouvelles sont de véritables pièces de théâtre. C’est le cas en particulier de celle où il relate la répudiation de sa belle-sœur Ferrudja At-Wajeud. La pièce est écrite en un acte et quatre scènes. Dans la première, il présente sa mère et sa belle-sœur. Dans la seconde, il décrit les rapports entre sa mère et son frère Tayeb. Dans la troisième, c’est la mère et la sœur Messaad qui s’empoignent. Enfin dans une quatrième scène, il rassemble les quatre personnages pour clore la pièce.

Ses poèmes quant à eux font découvrir l’âme sensible de l’auteur. Ils relatent ses souffrances, son isolement, mais aussi ses incertitudes et ses espoirs qu’il chantait accompagné de sa mandoline.

Son apport à la littérature berbère réside certainement dans cette ouverture du champ de la prose écrite qu’il a contribué à constituer. Il a fait mieux que ses prédécesseurs dans ce domaine, Ben Sedira et Boulifa, les précurseurs de la littérature kabyle écrite en caractères latins, qui n’ont pas pu ou su s’affranchir des contraintes de l’oralité. Bélaïd a bousculé cet ordre de choses pour donner une dimension nouvelle à la prose. Il a introduit le narrateur dans le texte et le portrait psychologique des principaux personnages. Son sens de l’observation – il était aussi peintre – lui a permis de saisir et de croquer les traits des visages et les attitudes de ses personnages. Aussi doit-on considérer Belaïd comme le véritable fondateur de la littérature kabyle écrite.

Extrait de la notice Belaïd At-ɛli de M. IBRAHIM – Inalco – CRB

1 commentaire :

  1. Fellas yaɛfu yarḥam, ma d-agdud Amaziɣ, ulla aradnini, yugi adizwi icuḍaḍis, ittattuy, talha cfawa.

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